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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 21:07

 

Tout était blanc, le couloir, cette porte fermée devant laquelle j’attendais depuis vingt minutes maintenant, un hôpital normal en somme. Dehors aussi c'était blanc, il avait neigé en ce début janvier.

 

La porte s’ouvrit, une infirmière en sortit m’indiquant le visage fermé que je pouvais rentrer.

L’homme alité tourna les yeux vers moi essayant de se redresser sans y parvenir et murmura :

 

" Ils ont enlevé ma montre, je vais mourir … il faut faire piquer Winnie, il faut faire piquer mon chat ! " 

 

J’ étais interloqué : " Que s’était-il passé ?… que lui avait-on fait ? " 

Il se portait si bien il y a quelques jours lors de ma dernière visite, nous avions même plaisanté...  

Evidemment il était dans sa centième année et n’avait jamais connu l’hôpital, mais quand même !

 

 

Lui, c’était Gaston et même si je n’étais pas en parenté avec, il était un peu comme un grand -père.

Il consacra sa vie au service des postes, à l’armée puis dans le civil, le courrier était sa grande passion.

Commandant d’active, lieutenant-colonel de réserve, il termina sa carrière comme directeur adjoint des postes de Paris.

 

Décoré il l’était, et de la légion d’honneur, pas moins !

Pas celle distribuée à tour de bras aux amis des gouvernements successifs, chanteurs et sportifs de tous poils.

La sienne, " la militaire " , il l’avait reçue sans même l’avoir demandée, et sans avoir dû tuer le moindre ennemi.

 

Simplement, un jour comme ça, à bord d’une Citroën 2CV, il s’était lancé sans escorte sur les routes défoncées d’Afrique du nord dans le but d’acheminer le courrier en souffrance.

 

" Rien d’extraordinaire penserez- vous ? "  … sauf que nous étions en pleine guerre d’Algérie et lorsque l’on connait le traitement réservé aux Français capturés par les fellaghas, on comprend mieux le courage qu’il faut.

Lui, il ne voyait rien d' héroïque là -dedans, c’était juste son boulot qu’il faisait.

 

Forcément il fut accueilli comme un sauveur le Gaston, il faut dire qu’à l’armée rien n’est plus sacré que les nouvelles des familles, déjà qu’ils n’avaient pas demandé à la faire cette guerre, les appelés.

 

Le général Salan en personne ayant eu vent de l’histoire demanda la distinction.

 

" Le commandant " , c’est ainsi que les gens du village nommaient ce militaire profondément humain toujours à l’écoute des autres.

Le samedi vers dix huit heures, c’était un rituel, nous prenions ensemble deux doigts de porto avec des petits gâteaux, comme les gens de " la haute " .

Il me recevait dans sa petite maison chargée de souvenirs, toujours souriant, plein d’attentions, un regard malicieux lorsqu'il avait une bonne blague à placer.

 

Mon vieil ami était d’une grande culture, féru de poésie, avec une soif de connaissances jamais étanchée.

J’étais heureux quand il se décidait à me parler de lui, de sa jeunesse dans l’Aveyron ou de son père combattant de la grande guerre …

Le temps défilait à toute allure au rythme des nombreuses anecdotes plus ou moins cocasses ayant jalonné sa très longue existence.

Une crise d’asthme avait emporté son épouse trente ans auparavant, sans enfants, il était demeuré seul.

Il possédait bien de vagues cousins, mais ils ne se manifestaient que très rarement.

Gaston avait sa place à ma table pour les fêtes et les anniversaires, pour le bonheur de tous d’ailleurs tant il était charmant.

 

Le téléphone sonna à trois heures du matin …Gaston était décédé, nous étions le trois janvier 2009.

Jamais je n’aurais pensé que le départ d’une personne de cet âge puisse rendre triste.

 

 

Par testament  le commandant m’a légué ses livres anciens, il ne voulait pas que ceux-ci soient vendus à sa mort.

Winnie le chat vit désormais sous mon toit et a aujourd’hui dix-huit ans.

 

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Remise de la légion d'honneur (chevalier).

 Légion d'honneur

 La légion d'honneur 

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      Gaston  

 

 IMG 3329 

  Winnie le vieux chat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Marc.Gino - Publié dans : Textes - Communauté : partage
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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 15:52

 

S' il est un petit objet que j’ai toujours plaisir à découvrir, c’est bien  la capsa ( capsula) , son nom pourrait laisser supposer une origine antique mais il n’en est rien.

 

La Capsa  (coffret en latin) est en fait un des éléments de demi-ceint, ceinture pour dames en usage du XVeme au XVII eme siècle.

Elle reliait la partie de tissu ou de cuir de la ceinture  à la chaînette de réglage de la taille, mais  avait  aussi  une fonction  décorative.

 

Souvent les quelques 500 ans (excusez du peu !)  passés dans la terre acide de nos bois et champs l’ont en partie détruite.

Ici, je veux montrer celles des miennes qui ont gardé un aspect acceptable.

 

Dans ma région d’île de France un cœur est très souvent figuré sur l’objet.

 

Les capsulae de la photo sont en bronze et mesurent de 25 mm à 45mm de longueur totale pour 20 à 25mm de largeur.

 

 

La pomme de demi-ceint ou bijou principal  pendait au bout de la ceinture de la dame de l'époque au niveau des genoux.

 

Certaines pommes  et capsulae pouvaient contenir des pâtes parfumées dont le but était déjà de faire tourner la tête des hommes... ah ces femmes ! 

 

 

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  Ceinture représentée sur une peinture du XVI eme siècle.

 

 

 

Ceinture de chaîne avec ses capsulae ( provenance  département du Lot) .  

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Photo de quelques- unes de mes capsulae, tout en bas de cette photo une pomme de ceinture ou joyau.

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Ma plus jolie capsa  à la belle patine verte, longue de 50mm.

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  Ma dernière découverte : un ensemble (capsulae et anneau)

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Attache de demi-ceint longueur 75mm, largeur 25mm  

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  Pomme de ceinture en bronze, hauteur 45mm, diamètre 30mm.

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 L'objet est composé de deux parties soudées à l'étain, une seule des parties comporte l'anneau. 

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Détail des décorations d'une des mes pommes de ceinture

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 Belle capsa à la patine noire, 45mm de hauteur X 25mm

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  Stabilisée avec un pic de bois.

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Autre capsa 

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 Capsa au motif différent 

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.

 

 

 

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Puisque nous sommes dans les attaches je veux rajouter une jolie pièce médiévale :

 

Un émerillon de bronze superbement  décoré (son utilisation exacte à l'époque n'est pas encore vraiment  définie).

 

43 mm de longueur  X 25 mm de largeur

 

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Par Marc.Gino - Publié dans : Textes - Communauté : partage
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 20:25

 

 

 Nos ennemis nous pensons les connaître sous la forme d’extrémistes anti- prospecteurs ou bien d’utilisateurs de détecteurs de métaux aux agissements délictueux…

 

Et bien il en est un autre plus sournois encore, implacable, prospérant à pas de géant en gagnant "du terrain "  de jour en jour.

Il est né voila 25 ans résultant de la flambée des produits pétroliers, au début les adeptes de ce procédé étaient jugés comme de doux rêveurs aux méthodes de travail pas très conventionnelles.

Mais le carburant sans cesse à la hausse, ce système fit des émules, finalement il n’est pas de petits profits et le monde paysan ne déroge pas à cette règle.

 

Vous l’avez compris, cet ennemi c’est le "  non-labour "   ainsi nommé par les gens de la terre pour faire mieux, ils disent même que c‘est plus écologique, moi je veux bien, mais vu qu’ils n’enfouissent plus les mauvaises herbes, forcément ils utilisent plus de désherbants…

 

C'était pourtant beau une pièce de terre bien labourée, cela marquait les saisons... vraiment tout fout le camp !

 

  M’enfin je ne fais pas un procès à ces gens là, car non content d'en avoir dans ma famille, j'en ai aussi dans mes amis.

 

Revenons plutôt à ce qui nous intéresse, le principe et le but de la chose est de cultiver la terre sur 15cm de profondeur c’est tout, en dessous on n’y touche pas c’est du béton.

 Donc plus de charrues pour nous remonter les objets enfouis, c’est à la ferraille qu’elles vont finir les charrues ou comme décoration au milieu d’un jardin...

 

 Ainsi dans mon village on ne laboure pratiquement plus, seul un vieux résiste, que voulez vous, " l’habitude " il veut continuer à retourner la terre comme ses ancêtres, je les aime bien les vieux moi et puis c’est le lot de tous d’être vieux un jour.

 

 Bon cette fois je m’égare… je parlais du petit pépère et bien heureusement qu’il est là, car chez ses confrères je ne trouve plus rien depuis un bail, que dalle vous-dis-je, le désert même !

 

Il faudrait que les prospecteurs de tous poils, (ou sans poils peu importe) s’unissent et manifestent sur les Champs-Elysées, j’ai pensé à ce lieu à cause du nom " Champs  ", et crient à l’adresse de nos dirigeants :

 

 " Nous voulons des labours" !!

Par Marc.Gino - Publié dans : Textes
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 23:09

Alexandre Sévère empereur Romain 222-235.

 

Né en 208, petit- neveu de Caracalla, successeur d’Elagabale, il meurt   assassiné en même temps que sa mère en 235.

 

 

 

 Sesterce: 33mm, poids 24,80 grs.

 

 

A/IMP ALEXANDER PIVS AVG avec son buste lauré et drapé à droite


R/MARS VLTOR SC  MARS en habit militaire debout à droite tenant une lance et un bouclier


 

 

 

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Par Marc.Gino - Publié dans : Textes - Communauté : partage
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Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 21:59

 

Je ne me souviens ni du jour, ni du mois d’ailleurs, la seule chose dont je suis certain c’est que cette journée aurait pu être ma dernière.

Mon cousin Didier devait avoir sept ans et moi à peine trois de plus, nous faisions route à bicyclette vers un petit bois en bordure d’une route nationale.

A cette époque les enfants aimaient se retrouver dans les bois pour y construire des cabanes.

Nous venions tout juste d’arriver quand mon cousin remarqua quelque chose posée bien en évidence sur une souche, il s’en empara et s’écria :

 " Regarde Marco un petit vase ! " .

En même temps il commença à jouer avec l’objet le triturant entre ses doigts...

Je n’en croyais pas mes yeux, pour la première fois j’étais en présence de cette chose lisse et pansue que le hasard de quelques lectures m’avait fait découvrir.

Je criai aussitôt à l’adresse de mon cousin :

" Attention c’est une grenade !  

- Une grenade ? répondit-il.

- Oui, dis-je, une grenade de la guerre, c’est comme une bombe, faut pas y toucher, ça peut exploser ! ".

Alors Didier proposa de l’emporter chez ses parents... j’ignore pourquoi j’ai accepté, peut-être la fierté de ramener notre découverte ?

Le cousin déposa l’arme dans une des sacoches de son petit vélo et nous prîmes la route.

Je le laissais me précéder d’une quinzaine de mètres et observais avec inquiétude les effets des secousses dues au mauvais état de la chaussée sur l’arrière de sa bicyclette.

En chemin je regrettais déjà notre décision mesurant de plus en plus le danger, mais il était trop tard les dés étaient jetés.

Didier habitait dans les communs du château du village. Excités nous gravîmes les escaliers quatre à quatre, mon cousin poussa la porte exhibant la grenade dans sa main tel un trophée:

" On a trouvé ça ! lança-t-il fier de lui ".

Ma tante Andrée, Gisèle la propriétaire du château et une autre dame dont j’ai oublié l’identité étaient là tranquillement installées prenant le café.

Un malaise suivi d’un murmure réprobateur parcourut l’assistance…

Rapidement les trois femmes se levèrent.

" Vous êtes fous ! hurla ma tante, et toi Marc qui es le plus grand tu laisses ton cousin toucher à ça, tu ne te rends donc pas compte !…"

Bien oui j’étais le plus grand, mais je n’avais quand-même que dix ans…j’aurais voulu dire que si je n’avais pas été là il l’aurait peut-être fait sauter la grenade le cousin, et lui en même temps…mais à quoi bon, j’étais en faute et je sentais la panique s’installer.

Gisèle la dame du château une gentille personne un peu forte réquisitionna l’arme et descendit les marches prudemment tenant l’objet du délit à bout de bras. Tout ce remue-ménage alerta le locataire du rez-de-chaussée Edouard le vieux gardien, il se fit remettre la grenade, confirma la dangerosité de l’engin et prit en main la suite des opérations.

L’homme traversa la cour en direction du parc du château, nous le suivions en respectant une bonne distance de sécurité.

Je n’étais pas très rassuré et pensais dans ma petite tête de gosse : " Si il saute le vieux ça va être ma fête ! " 

Il nous faisait peur à nous les enfants le père Edouard par son aspect inquiétant, des yeux délavés, des paupières inférieures tombantes et retournées ainsi qu’un goitre volumineux lui donnant une allure de hamster. Il était souvent de mauvaise humeur, n’aimait guère les gamins et encore moins les chats qu’il trucidait par plaisir.

Son jeu préféré consistait à entrebâiller légèrement la lourde porte d’entrée qui permettait aux habitants d’accéder à leurs logements situés aux étages et dès qu’un félin se glissait dans l’interstice il refermait brutalement lui broyant ainsi les os…

Le gardien arriva finalement au bord de la rivière et balança la grenade …à son  "  plouf  "  dans l’eau succéda un " ouf  " unanime de soulagement …

De nos jours le petit bois a fait place à un parking, subsistent simplement plusieurs groupes d’arbres abritant de leurs feuillages quelques bancs vandalisés.

Une question restera sans réponse, quelle pouvait-être la motivation de la personne ayant déposé cet engin  mortel dans un bois fréquenté par des enfants ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Marc.Gino - Publié dans : Textes - Communauté : partage
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