Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 18:32

 

Aout 2010, je saute du TGV qui vient de s’immobiliser en gare. Nice me voici ! à moi les palmiers ! le soleil ! et la grande bleue !

Je me presse, traînant mon bagage à roulettes derrière moi tel un chien réticent.

 A l’extérieur, une bande de zonards avinés squatte le haut du trottoir. L’un d’eux, dans un fauteuil roulant, la barbe souillée de vomi, se pisse dessus. Le flot d’urine coule jusqu’au caniveau, je soulève ma valise enjambant son infortune.

Un taxi me dépose devant mon hôtel, un quatre étoiles, pas moins ! Ce n’est pas trop que je roule sur l’or, mais je me refuse à être plus tard le  mort le plus riche du cimetière…remarquez il me reste encore pas mal de  marge.

Le personnel se jette sur mon bagage, le réceptionniste, lui, s’adresse à moi en anglais, ai-je une tête de rosbif   ? …ou bien n’ont-ils jamais vu de Français ces gens là. Me voilà dans ma chambre enfin tranquille…pas vraiment, le bagagiste en livrée impeccable est toujours là… J‘ai pigé, je lui glisse un bifton dans la main … il s'éclipse la mine réjouie.

 

16h30, les plages sont noires de monde, mon dieu quel étalage de viande ! Par chance j’aperçois quelques galets inoccupés… après un itinéraire hasardeux au milieu de toute cette barbaque, évitant là une jambe, ici une tête, je parviens enfin à destination.

Une place de libre cela tient du miracle, mais très vite je comprends les raisons de sa vacance, les pieds d’un chanceux ont consciencieusement tartiné les pierres plates de déjections canines.

Finalement, le départ d’une bourgeoise  friquée, décorée d’or comme un sapin de noël  me sauve la mise.

  Magnifique ! c’est le mot pour qualifier l’interminable promenade des Anglais (où j’ai croisé plus d’asiatiques que de sujets de sa majesté ) franchement j‘aime beaucoup…pas la majesté : la prom‘s*  !

  De la place de l’ancien château la vue sur la  " baie des anges " est vraiment unique.                       Comme j’aimerais être un ange pour survoler ce paysage de rêve…mais aussi pour éviter de me farcir tous les escaliers de la descente, c’est vrai, il existe un ascenseur, mais je n’aime pas bien les ascenseurs.

  Que dire de la place Masséna, c’est le cœur de la ville, un très grand cœur, endroit sublime arrosé par de grandioses fontaines. Dommage que des esprits torturés y aient suspendu de laides statues de résine aux sommets de mâts.

   Le lycée du même nom (Masséna), admirable construction, m‘a envoûté. Tout le mal que je souhaite à une personne dont les mots me sont chers est d’y enseigner un jour…

   Cimiez avec ses belles maisons, ses arènes antiques, son monastère et ses jardins vaut largement le détour.

 Une visite s’impose pour les amateurs de Romanité au musée des arènes (de surcroit gratuit) .

  Je t’aime aussi Nice pour ton climat fait de soleil : du soleil le matin, du soleil le midi, du soleil le soir et du soleil la nuit…non pas la nuit, là je déconne… Mais la nuit tout grouille de vie, la prom’s comme la place Masséna où se produisent chanteurs, danseurs, jongleurs et musiciens, le tout avec plus ou moins de talent, mais finalement c’est la fête, le reste on s’en fout.

  La vieille ville : ses maisons, son dédale de petites rues, le cours Saleya, son marché aux fleurs, les produits locaux, frais ou séchés…les couleurs ! les odeurs ! les saveurs ! …franchement j’adore tout !

La cuisine niçoise est très goûteuse, la salade comme l‘assiette du même nom…et la socca, oui la socca que l’on mange à toute heure " chez René " ou ailleurs, avec les doigts ou pas, mais toujours devant un verre de vin, j‘apprécie vraiment !

  Le monument dédié aux enfants de la ville tombés lors des dernières guerres est le plus grand de France et l’un des plus imposants d’Europe, il m’a vraiment impressionné. Les plaques d’identité des 4000 Niçois morts au combat  pendant la première guerre y sont enfermées dans une urne scellée.

Ce gigantesque édifice gravé d’une interminable liste de noms bien rangés par guerre et ordre alphabétique, représente surtout des chairs martyrisées, des larmes, des souffrances, des familles éclatées, des veuves et des orphelins…

  J’ai dû passer pour un péquenot avec ma manie de jauger la hauteur et le diamètre des plus beaux palmiers… que voulez- vous par chez moi dans les villes on n’a pas le choix, c’est platanes ou tilleuls…

  J’embarque pour une croisière sur le port, il a des allures et des couleurs d’Italie ce port.

Que de jolis bateaux, avec de beaux équipages bien propres, bien habillés. Sur le pont de l’un d’eux, un nabab au ventre de baleine se fait dorer la pilule pendant que ses domestiques font la chaîne chargeant les caisses de champagne qu’un camion vient de livrer. 

  Me voici en mer, je fais le paparazzo mitraillant à tout va de mon pauvre APN les villas de "RMIstes"  accrochées sur la roche : Elton John, Bill Gates, Bono, Mick Jagger, Tina Turner …

  Aux abords de Monaco où je dois passer la journée de somptueux navires sont ancrés hélicos sur le pont prêts à décoller, les milliardaires c’est bien connu, tous de vrais fainéants.

La palme de tout ce qui flotte revient à un yacht propriété d‘un Saoudien, plus de cent mètres de long pour soixante hommes d‘équipage. Les lettres composant le nom du bateau :  " Lady Moura " sont en or massif…

Y a des jours comme ça où j’aimerais bien avoir une pince-monseigneur sur moi, rien que pour en décrocher une de lettre, histoire d’assurer mes vieux jours.

Je prendrais le  " M " d’abord parce que c’est le début de mon prénom…mais surtout car c’est une grande lettre, donc avec plus de métal jaune...

Mais il ne faut pas jouer à ça, ici à Monaco il y a un flic par voleur, et presque un par habitant même.

Si tu sors des passages cloutés tu te fais alpaguer . Et si tu ne réponds pas bien aux forces de l’ordre, c’est direct en tôle pour trois jours. Remarquez, la prison c’est la plus classe du monde avec vue imprenable sur la mer…

Sur le rocher, pas de mendiants, ni de clochards, ici tout est aseptisé. Les riches n’aiment pas voir des pauvres, peut-être même que ça les contrarie la misère, des fois qu’un petit sentiment de honte resurgissant de je ne sais où gâche leurs pensées l’espace d’un instant…   

Tout en béton qu’il est le rocher, du béton, encore du béton et toujours du béton, franchement trop bétonnée pour moi cette principauté, question de principe je n'aime pas le béton !

A la relève de la garde, on se croirait à Buckingham palace avec un temps beaucoup moins pourri fort heureusement.

Le musée océanographique, c’est un truc à voir, mais cela tourne quand même à l’overdose de poissons et à la fin c’est avec des branchies à la place des oreilles que l’on en ressort.

Les jardins exotiques, c’est le mieux, une féerie de plantes hors normes et très variées, la Méditerranée en toile de fond…

 

 

C'était quelques impressions écrites sur la tablette du TGV retour .

 

 

*  Promenade des Anglais

 

 

 

 

Nice

 

 

Place Massena

 

Monument aux enfants du pays

 

 

arènes

 

 

IMG_0136.JPG 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Marc.Gino - Publié dans : Textes - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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