Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 22:27

 Ce texte est ancien et figure plus loin dans mon blog, je l'ai remonté en première page dans un souci de lisibilité car il relate une de mes plus belles découvertes. 

 

 

 

Le cimetière oublié

 

 

Les vieux de mon village, qui le tenaient eux même des anciens d’autrefois, aimaient à conter l’existence d’un cimetière protestant oublié de tous. Nul ne pouvait en donner l’emplacement et cette histoire faisait surtout figure de légende.

La grande tempête de mille neuf cent quatre vingt dix neuf dévasta à soixante dix pour cent les grandes forêts de ma région, les plus beaux arbres périrent arrachés ou cassés. Ma maison ne fut pas épargnée, dépossédée d’une partie de ses tuiles, dans le jardin un pécher et un prunier ne purent résister au vent. Il me fallut quelques jours pour mettre hors d’eau mon habitation et restaurer mon verger.

 Pour me changer les idées, je décidai de m’aventurer sur la colline boisée jouxtant ma propriété.   De par sa position stratégique et sa situation élevée, l’homme avait investi ce lieu depuis la nuit des temps jusqu'à la royauté. En partant en randonnée avec " Tomy " , mon chien de l’époque, j’espérais que les excavations causées par les chablis me livreraient des pierres polies, des fragments de poteries, ou des fondations de constructions.

Depuis de nombreuses années je m’intéressais au passé de l‘endroit où sont originaires mes ancêtres, faisant office d’historien local toujours en quête d’indices sur le terrain. Le trajet pour accéder au sommet surplombé par une tour en ruine fut un véritable parcours du combattant, je dus escalader les arbres tombés, parfois empilés sur deux mètres de hauteur, ou ramper sous ceux-ci, mon chien pleurait dans les efforts pour progresser. Etant du genre pugnace je poursuivais mon ascension, ainsi deux heures plus tard j’atteignais le haut du mont, sale, le visage griffé, et le pantalon déchiré.

 Je dominais alors l’étendue du désastre tel le survivant d’une planète détruite, à perte de vue devant mes yeux effarés tout n’était plus que désolation…                                                                        Jugeant le retour trop épuisant, je pris la décision de repartir par l'autre versant un peu moins boisé.

A une cinquantaine de mètres en contrebas de la colline, gisait le plus gros arbre de la région, un énorme châtaigner de quatre cents ans d’existence, pour un périmètre de huit mètres cinquante, le spectacle du géant terrassé m’attrista profondément. Plus bas, deux beaux hêtres basculés d’une pente escarpée, racines dirigées vers le ciel, semblaient implorer dieu. Continuant ma descente, j’arrivais maintenant sur une zone plus plane, un grand chêne y était couché, je remarquai alors  dans l’énorme motte de son pied des blocs de plaque d’ardoise de dix à douze centimètres d’épaisseur. Je dégageais avec peine ce qui m’apparut aussitôt être une pierre tombale brisée. 

Des lettres, encore dorées par endroits, étaient gravées dans la roche parfaitement lisse et de premier choix. Je m’évertuais à reconstituer le puzzle : c’était l’épitaphe d’un seigneur, indiquant qu’il avait servi le roi, une date apparaissait sur un des éléments : mille six cent soixante dix…

Je me trouvais dans un état d’excitation et de questionnement intensif, étais-je l’inventeur du cimetière fantôme ? Il me fallait en avoir le cœur net, j'y retournais le lendemain matin de bonne heure, avec une pelle et une petite pioche et creusais dans la cavité libérée par la chute du chêne, en surface je mis à jour d‘autres morceaux de pierre tombale, puis creusant un peu plus profondément, j’eus la réponse qui me manquait…

Plus aucun doute n’était permis, un contemporain de louis XIV reposait là, à mes pieds ! Ce n’était donc pas une légende ! Mon coeur battait la chamade, mais curieusement je n’avais pas envie de partager cette découverte, je voulais la garder rien que pour moi et pour eux : " ceux du dessous "… J’imaginais des tas de gens courir partout, prendre des photos, jalonner, creuser, remuer le linceul sableux et en extirper les restes des occupants…       

 Ma décision fut vite prise, je plaçais les blocs de tombe au côté du noble et rebouchais tout.        

Un peu plus loin, au pied d’un charme renversé, je devinai une autre sépulture à laquelle je rendais aussi l’anonymat après une bonne heure de terrassement. Je comprenais maintenant bien des choses, les livres attestaient qu’un culte protestant était célébré dans le château de ma commune, c’était sans doute les châtelains qui reposaient là.

J’avais constaté que les pierres tombales avaient été martyrisées et les noms effacés à coups de marteaux et de burins…

Je pense aujourd’hui détenir la solution : à la révocation de l'édit de Nantes (1685) , le cimetière avait été probablement livré à la vindicte populaire, les sépultures saccagées, les pierres tombales détruites à la masse. Puis le temps ayant fait son œuvre la nature reprit ses droits, dissimulant le lieu de repos éternel …

Au moment où j’écris ces lignes, dix années se sont écoulées, des arbres ont repoussé, plus de traces de la tempête ni de ce qu’elle m'avait permis de découvrir, je suis le gardien du secret et le garant du sommeil des morts.

Parfois, lorsque mes pérégrinations me mènent sur ces lieux empreints de mystère, j’ai toujours un regard et une pensée pour ceux qui dorment là .

 

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Par Marc.Gino - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 21:07

 

Tout était blanc, le couloir, cette porte fermée devant laquelle j’attendais depuis vingt minutes maintenant, un hôpital normal en somme. Dehors aussi c'était blanc, il avait neigé en ce début janvier.

 

La porte s’ouvrit, une infirmière en sortit m’indiquant le visage fermé que je pouvais rentrer.

L’homme alité tourna les yeux vers moi essayant de se redresser sans y parvenir et murmura :

 

" Ils ont enlevé ma montre, je vais mourir … il faut faire piquer Winnie, il faut faire piquer mon chat ! " 

 

J’ étais interloqué : " Que s’était-il passé ?… que lui avait-on fait ? " 

Il se portait si bien il y a quelques jours lors de ma dernière visite, nous avions même plaisanté...  

Evidemment il était dans sa centième année et n’avait jamais connu l’hôpital, mais quand même !

 

 

Lui, c’était Gaston et même si je n’étais pas en parenté avec, il était un peu comme un grand -père.

Il consacra sa vie au service des postes, à l’armée puis dans le civil, le courrier était sa grande passion.

Commandant d’active, lieutenant-colonel de réserve, il termina sa carrière comme directeur adjoint des postes de Paris.

 

Décoré il l’était, et de la légion d’honneur, pas moins !

Pas celle distribuée à tour de bras aux amis des gouvernements successifs, chanteurs et sportifs de tous poils.

La sienne, " la militaire " , il l’avait reçue sans même l’avoir demandée, et sans avoir dû tuer le moindre ennemi.

 

Simplement, un jour comme ça, à bord d’une Citroën 2CV, il s’était lancé sans escorte sur les routes défoncées d’Afrique du nord dans le but d’acheminer le courrier en souffrance.

 

" Rien d’extraordinaire penserez- vous ? "  … sauf que nous étions en pleine guerre d’Algérie et lorsque l’on connait le traitement réservé aux Français capturés par les fellaghas, on comprend mieux le courage qu’il faut.

Lui, il ne voyait rien d' héroïque là -dedans, c’était juste son boulot qu’il faisait.

 

Forcément il fut accueilli comme un sauveur le Gaston, il faut dire qu’à l’armée rien n’est plus sacré que les nouvelles des familles, déjà qu’ils n’avaient pas demandé à la faire cette guerre, les appelés.

 

Le général Salan en personne ayant eu vent de l’histoire demanda la distinction.

 

" Le commandant " , c’est ainsi que les gens du village nommaient ce militaire profondément humain toujours à l’écoute des autres.

Le samedi vers dix huit heures, c’était un rituel, nous prenions ensemble deux doigts de porto avec des petits gâteaux, comme les gens de " la haute " .

Il me recevait dans sa petite maison chargée de souvenirs, toujours souriant, plein d’attentions, un regard malicieux lorsqu'il avait une bonne blague à placer.

 

Mon vieil ami était d’une grande culture, féru de poésie, avec une soif de connaissances jamais étanchée.

J’étais heureux quand il se décidait à me parler de lui, de sa jeunesse dans l’Aveyron ou de son père combattant de la grande guerre …

Le temps défilait à toute allure au rythme des nombreuses anecdotes plus ou moins cocasses ayant jalonné sa très longue existence.

Une crise d’asthme avait emporté son épouse trente ans auparavant, sans enfants, il était demeuré seul.

Il possédait bien de vagues cousins, mais ils ne se manifestaient que très rarement.

Gaston avait sa place à ma table pour les fêtes et les anniversaires, pour le bonheur de tous d’ailleurs tant il était charmant.

 

Le téléphone sonna à trois heures du matin …Gaston était décédé, nous étions le trois janvier 2009.

Jamais je n’aurais pensé que le départ d’une personne de cet âge puisse rendre triste.

 

 

Par testament  le commandant m’a légué ses livres anciens, il ne voulait pas que ceux-ci soient vendus à sa mort.

Winnie le chat vit désormais sous mon toit et a aujourd’hui dix-huit ans.

 

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Remise de la légion d'honneur (chevalier).

 Légion d'honneur

 La légion d'honneur 

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      Gaston  

 

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  Winnie le vieux chat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 15:52

 

S' il est un petit objet que j’ai toujours plaisir à découvrir, c’est bien  la capsa ( capsulae) , son nom pourrait laisser supposer une origine antique mais il n’en est rien.

 

La Capsa  (coffret en latin) est en fait un des éléments de demi-ceint, ceinture pour dames en usage du XVeme au XVII eme siècle.

Elle reliait la partie de tissu ou de cuir de la ceinture  à la chaînette de réglage de la taille, mais  avait  aussi  une fonction  décorative.

 

Souvent les quelques 500 ans (excusez du peu !)  passés dans la terre acide de nos bois et champs l’ont en partie détruite.

Ici, je veux montrer celles des miennes qui ont gardé un aspect acceptable.

 

Dans ma région d’île de France un cœur est très souvent figuré sur l’objet.

 

Les capsulae de la photo sont en bronze et mesurent de 25 mm à 45mm de longueur totale pour 20 à 25mm de largeur.

 

 

La pomme de demi-ceint ou bijou principal  pendait au bout de la ceinture de la dame de l'époque au niveau des genoux.

 

Certaines pommes  et capsulae pouvaient contenir des pâtes parfumées dont le but était déjà de faire tourner la tête des hommes... ah ces femmes ! 

 

 

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  Ceinture représentée sur une peinture du XVI eme siècle.

 

 

 

 

Photo de mes capsulae, tout en bas de cette photo une pomme de ceinture ou joyau.

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Attache de demi-ceint longueur 75mm, largeur 25mm

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 Pomme de ceinture en bronze, hauteur 45mm, diamètre 30mm.

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 L'objet est composé de deux parties soudées à l'étain, une seule des parties comporte l'anneau. 

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 Belle capsa à la patine noire, 45mm de hauteur X 25mm

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  Stabilisée avec un pic de bois.

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Autre capsa 

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 Capsa au motif différent 

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Ma toute dernière  trouvaille.

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Puisque nous sommes dans les attaches je veux rajouter une jolie pièce médiévale :

 

Un émerillon de bronze superbement  décoré (son utilisation exacte à l'époque n'est pas encore vraiment  définie).

 

43 mm de longueur  X 25 mm de largeur

 

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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 20:25

 

 

 Nos ennemis nous pensons les connaître sous la forme d’extrémistes anti- prospecteurs ou bien d’utilisateurs de détecteurs de métaux aux agissements délictueux…

 

Et bien il en est un autre plus sournois encore, implacable, prospérant à pas de géant en gagnant "du terrain "  de jour en jour.

Il est né voila 25 ans résultant de la flambée des produits pétroliers, au début les adeptes de ce procédé étaient jugés comme de doux rêveurs aux méthodes de travail pas très conventionnelles.

Mais le carburant sans cesse à la hausse, ce système fit des émules, finalement il n’est pas de petits profits et le monde paysan ne déroge pas à cette règle.

 

Vous l’avez compris, cet ennemi c’est le "  non-labour "   ainsi nommé par les gens de la terre pour faire mieux, ils disent même que c‘est plus écologique, moi je veux bien, mais vu qu’ils n’enfouissent plus les mauvaises herbes, forcément ils utilisent plus de désherbants…

 

C'était pourtant beau une pièce de terre bien labourée, cela marquait les saisons... vraiment tout fout le camp !

 

  M’enfin je ne fais pas un procès à ces gens là, car non content d'en avoir dans ma famille, j'en ai aussi dans mes amis.

 

Revenons plutôt à ce qui nous intéresse, le principe et le but de la chose est de cultiver la terre sur 15cm de profondeur c’est tout, en dessous on n’y touche pas c’est du béton.

 Donc plus de charrues pour nous remonter les objets enfouis, c’est à la ferraille qu’elles vont finir les charrues ou comme décoration au milieu d’un jardin...

 

 Ainsi dans mon village on ne laboure pratiquement plus, seul un vieux résiste, que voulez vous, " l’habitude " il veut continuer à retourner la terre comme ses ancêtres, je les aime bien les vieux moi et puis c’est le lot de tous d’être vieux un jour.

 

 Bon cette fois je m’égare… je parlais du petit pépère et bien heureusement qu’il est là, car chez ses confrères je ne trouve plus rien depuis un bail, que dalle vous-dis-je, le désert même !

 

Il faudrait que les prospecteurs de tous poils, (ou sans poils peu importe) s’unissent et manifestent sur les Champs-Elysées, j’ai pensé à ce lieu à cause du nom " Champs  ", et crient à l’adresse de nos dirigeants :

 

 " Nous voulons des labours" !!

Par Marc.Gino - Publié dans : Textes
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 23:09

Alexandre Sévère empereur Romain 222-235.

 

Né en 208, petit- neveu de Caracalla, successeur d’Elagabale, il meurt   assassiné en même temps que sa mère en 235.

 

 

 

 Sesterce: 33mm, poids 24,80 grs.

 

 

A/IMP ALEXANDER PIVS AVG avec son buste lauré et drapé à droite


R/MARS VLTOR SC  MARS en habit militaire debout à droite tenant une lance et un bouclier


 

 

 

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